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ô débit ô séries textes inédits IV. PETIT bou, GENESE D'UN MORPHEME FONDAMENTAL V. ECRIRE D'ACCORD, AVEC QUOI ... ? Statuettes d’art brapoire Collages 3D VI. TROIS SURPLOMBS LINGUYSTERIQUES FROETHYPPELIENS et trois métaphores VII. Ieg, UNE LARME A L'OPERA, La Nouvelle IX. Ieg UNE LARME A L'OPERA, La cinq-Nouvelle XI Ieg, UNE LARME A L'OPERA, Une sixième XIII. Ieg, UNE LARME A L'OPERA, la une ou deux dernière-Nouvelle XIV. RAVISSEMENT 1 : I-Portrait d’une 720-Moiaeh XV. SERIAL PARTITIONS-POEMES LANGUE Nô Nô XVI. RESSASSER MA LANGUE Nô Nô textes avec collages XVII. IL FAUT GACHER LA LANGUE Nô Nô collages XVIII. GLOSE EULALIE avec collages XIX. TRISK- ET QUADRISKELS collages XXI. COLLAGES POUR UN TEMPS D'ALETTRE ARRIVE collages |
IV Petit Bou, GENESE D'UN MORPHEME FONDAMENTAL ou bo/ob/hb/åb/ab/h3b/bho/bou, bhu
l’épreuve par l’étymologie
(les
plans, 1999-2000)
Objet à causer du désir,
abject objecteur, le morphème petit bou. Signifiant bouchon,
énoncé On fait les bouchons avec du bouchon, symptôme / sobriquet boulimies / boule-de-mie. Sonorement repéré dans le discours, il désigne le rejeton dont s’offrir le déchiffrementcomme travail de la cure.
Comment dès lors en venir à bou ?
1. Par
les circuits de la phobie
P’tit bout, p’tit bouchon … et tous autres petits noms
de la vie familiale, d’exhiber l’adulation cannibale de la mère pour son
dernier fils, rehaussée d’un marivaudage phallophagique sans gêne : Je vais manger ton petit-jésus ! Apostrophe à rendre envieuse à
mort la fillette au spectacle de l’objet de ce dire et, par appropriation,
marquée au coin d’une dépossession totale et de l’énoncé particulier de la
castration de l’Autre : Elle a mangé mon petit-jésus ! Mon p’tit bout, mon p’tit bouchon… De produire de la phobie et d’instaurer une inappétence sévère.
Rêve
de la traîne
« Je suis une fillette de dix ans. J’ai passé la
deuxième chicane de la résidence des Arquebusiers. Je suis plantée là, figée
comme une statue, hors la chicane et vêtue d’une longue robe blanche de
mariée, chaussée de souliers blancs trop grande à talon
trop hauts. La traîne n’en fait qu’à sa tête. Elle est si longue, si vaste, si taffetas plissé de haute tenue, si moirée et
animée. Suffocante. Et tout ce désordre frémissant qui se meut
alentour et malgré moi sans toucher le sol est si immensément blanc que je
tente de m’en saisir à bras trop-petits le corps
pour maîtriser son trop d’agitation taffetas, car je crains par-dessus tout
qu’elle ne retombe sans plus de tenue aucune et ne s’étale et plaque
déplissée, flasque satin laiteux, morose chiffon blafard, splendeur morte sur
le sol souillé de la deuxième chicane franchie. »
2. Par petit Bou le fétiche,
signifiant Sedes.
P’tit Bou : l’enfant-Christ, l’oral
eucharistique Enfant Jésus de l’amour pour le père, à l’autre bout. Exercice
angoissant : comment le consommer sans s’étouffer ni le malmener et que
l’acte soit le négatif accompli de la phallophagie maternelle à laquelle la fille-enfant est désormais identifiée au travers de sa
peur de tout et tout le temps ? L’hostie, la pastille, l’hymen, en tant
qu’ils préservent la fermeture et obturent l’ouverture. Qu’ils enraient le
pulsatif.
Le signifiant de l’entreprise : Sedes sapientiæ, les « Trônes de la Sagesse » (litanies mariales) de la statuaire mosane médiévale. Ce sont les Madones-Trône, Marie-Cathèdre en Majesté présentant à la ferveur du Monde des fidèles l’Enfant-Christ siégeant érigé à son giron, autre Petit Jésus, Fils divin de la mère en
gloire.
À l’issue de l’enfance, l’insatiété s’instaure avec son sobriquet-symptôme Boule-de-mie / boulimies. Ils consignent le
renversement de l’inappétence de l’enfant phobique en insatiété adolescente. Les fringales boule-de-mie n’en démordront plus : mon droit
d’aînesse pour un pain, du pain, dupain,
Dupin ! Holophrase pour la littéralité petit bou d’un petit-jésus, à la fille par la mère inassouvissable,
volée.
La pulsation littérale de l’objet bou ira des affaires
fétichiques du pain eucharistique à celles de l’obsession du pain boulanger,
de la pulsion orale à la scopique de la sidération,
à l’anale du don à Autre refusé cherchant à réussir symptomatiquement le
refoulement de l’angoisse toujours
logée à l’enseigne de la vieille énonciation du désir phallophagique maternel.
Le fantasme qui traduit le signifiant Sedes adolescent puis adulte : A table, la
famille, on est les cinq ou six chaises sur lesquelles on est assis.
J’y serais une cinq-ou-six Sedes à cette Table, occupée à faire rondement front
chevalier contre la reconnaissance de la castration de l’Autre. Synopsis pour
roman de Chevalerie œdipienne. La fille, à persister de tenir aux Sedes, pourvues
d’un Fils-du-Père pour les siècles des siècles
ajusté, de tenir à la traîne rutile et bandante de la mariée, l’enfant fille
telle un petit Hans à la phobie exemplaire, de tenir pour impensable qu’on
dévisse des genoux de la Mère-Trône l’objet de
cette autre rection du corps maternel, tout simplement parce que le primat du
phallus persiste à s’exercer comme désir dans l’ics,
la fille risque bien d’y laisser, sur un mode choisi, les donnes de la
féminité.
Autre versant de l’insatiété symptomatique, la kyrielle des sièges collectionnés et celle des statues de
madones assises aux girons en gloire, confirment l’insistance du système névrotico-pervers de la traîne. Le rêve de la traîne réalise que la castration qui menace la
mariée et mère fait phobie, car elle est courue d’avance. Il n’y aura pas de
troisième chicane-dispute pour accéder à
l’inévitable œdipe ? À partir de lui, plus rien n’est acqui d’office ni couru d’avance. Quel œdipe, avec, par
et pour quel ordre de père ? L’issue de cette lutte titanesque de la
fillette pour sauver la traîne affolante de la mère est vouée à l’échec.
Exténuées, la fille et la traîne céderont. Par la force des choses d’accord.
Freud l’a découvert et théorisé, Lacan, avec le grand Autre, l’a paufiné et achevé, évidemment, mais c’est
supplémentairement ici parce que la détumescence qui menace la traîne dans le
rêve, blême évanouie sur le pavé souillant existe bien : c’est celle
qui, sur la photo du mariage des parents de la fillette de dix ans, s’étale
telle une molle flaque lactée, satin
flasque répandu sur le sol, venant on ne sait trop de derrière qui, quoi ni
où, aux pieds de sa mère statufiée et de son père en redingotte tenant gibus.
Accepter qu’à la mère Sedes il manque son glorieux
Enfant Jésus. Accepter de lui faire, à
celle-là, perdre le sens, son sens, son nom-sens,
son sedes-sens, sa sédescence,
assez d’essence aussi … Accepter le détachement de l’objet petit Bou, le
déchiffrement des deux versants du signifiant s e d e s, accepter l’interminable gribouille nécessaire à sa
reconstruction. Accepter ce dévissage de l’objet pour qu’en lieu et place de
son éviscérente débandade, qu’en ce haut lieu non-traîne de résurgence de la solitude féminine, s’érige
un autre ordre du manque-à-l’avoir qui les fasse,
ces femmes, exister autrement.
3. Par la signifiance du rêve Boule d’aiguilles.
Un rêve fondamental de l’adolescence obsessionnelle bou se répétera
durant huit années. Il traduira en fin de parcours la réplique adulte de la
fille à la mère phallophage : « Tu n’auras pas mon petit-jésus (mon p’tit bou, mon p’tit bouchon … ».
Malgré des précautions rituelles d’éloignement
organisées avant le coucher pour conjurer le retour du cauchemar d’avalement :
« Je prends sur la table de nuit pour l’avaler la chevalière
marquée de mes initiales N.S. (celles de Jésus-Christ Notre-Seigneur avait dans le temps repéré le curé de
l’enfance catéchiste et dont découlera le petit Bou eucharistico-paternel) Elle est bloquée au fond de ma gorge. Si
je ne l’avale pas j’étouffe, si j’avale, je meurs. »
Au réveil je suis retrouvée quelque part occupée dans
l’obscurité de la maison, devant un miroir, dans les escaliers, le corridor
ou ailleurs, à son impossible extraction. Les objets les plus divers seront
pris durant des années dans l’impossible extirpation somnambule
:
« Si je n’avale pas l’étouffe, si j’avale je meurs. »
La dernière production onirique entérinera la névrose
adulte qui verra, au troisième mois de la grossesse, le morphème bou du
symptôme, faire sonorement retour :
« Une boule d’aiguilles est bloquée au fond de ma gorge. Si je
ne l’avale pas j’étouffe, si je l’avale je meurs. »
Rêve qui réalise un désir d’avortement. Retour de la
vieille réplique enfantine à la mère phallophage : « Tu n’auras pas mon petit-jésus » et où l’abortive boulimie d’aiguilles notifie que l’objet qui lettre depuis le
début son rejeton piqué à la fille par la mère bravarde,
petit bou,
se fera au départ d’un désir qu’on dira mieux qu’infanticidaire : inventicidé. Désir mortiférant d’ignorer l’exigence d’invention que
dicte à quiconque aurait l’idée de se frotter au travail de la cure, la
réinvention d’autres figures du féminin.
4. Par l’inscription du
morphème bou et de la question du trou sur le
schéma R de Lacan (Écrits, 553).
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